Effondrement à Blainville : des murs montraient des signes de faiblesse, selon la CSN
Le représentant syndical de la santé et sécurité qui se trouvait sur le chantier le matin de l’effondrement qui a fait un mort et trois blessés à Blainville, mardi, avait signalé au maître d’œuvre la présence de signes de faiblesse des murs de soutènement qui entouraient la fosse. D’après Félix Ferland, vice-président et responsable en santé et sécurité du travail pour la CSN-Construction, le représentant en santé et sécurité (RSS) avait constaté dès 6 h 30 des signes montrant que le mur berlinois qui retient la terre autour du chantier subissait une pression anormale. Parfois hauts de plusieurs mètres, les murs berlinois ou le mur de soutènement servent à retenir la terre sur les contours d’un chantier lorsqu’on doit excaver dans le sol pour construire les fondations d’une construction. Félix Ferland, vice-président et responsable en santé et sécurité du travail pour la CSN-Construction, croit que les travaux auraient dû être suspendus dès la découverte de signes de faiblesse du mur berlinois. Photo : Radio-Canada On aurait également constaté plus tard que certaines pattes de roulottes stationnées en haut de la paroi ne touchaient plus le sol, ce qui est un autre signe d’affaissement, a-t-il souligné. Prévenu du danger par le RSS qui n’a qu’un pouvoir de recommandation, le maître d’œuvre du chantier aurait appelé une équipe d’arpentage qui devait se rendre sur place en après-midi pour mesurer le mouvement du sol et des murs, a poursuivi Félix Ferland. Je pense que tous ces éléments-là mis ensemble, il aurait dû y avoir une cessation des travaux, le temps que la firme d’ingénierie vienne constater et émettre des recommandations. Malheureusement, en fin de matinée, deux murs s’effondraient en emportant dans leur chute d’importantes quantités de terre et plusieurs véhicules, tuant au passage Alexandre Paris, un travailleur de 31 ans, et blessant trois autres de ses collègues. Alexandre Paris était un manœuvre spécialisé au service de la firme Preco-MSE, un sous-traitant qui œuvrait sur le chantier. Les secouristes n’ont réussi à retirer son corps des décombres que le soir du sinistre. Bien que les causes de l’accident n’aient pas encore été formellement établies et que des enquêtes de la police et de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) soient en cours, Félix Ferland estime que des ingénieurs compétents auraient dû inspecter les murs qui ceinturaient le chantier à la suite des fortes pluies survenues dans les jours précédant l’accident. Cette procédure est pourtant prévue dans le code de sécurité, souligne-t-il. Rappelons que dès le lendemain de l'accident, des enquêteurs de la police de Blainville ont ouvert une enquête pour déterminer s'il y a eu négligence criminelle dans cette affaire. Le reportage d’Elisa Serret. Chez Syscomax, l'une des entreprises responsables du chantier, le président Jean-Philippe Robitaille et son personnel sont très affectés par la tragédie. On est en état de choc. L’ensemble des membres de l’équipe, tous les travailleurs et tout le chantier. C’est des moments très difficiles. Toutes nos pensées vont vers la famille et les proches de la victime. Il a ajouté que son père, qui est le fondateur de Syscomax, a aussi parlé au père de la victime. Le président de Syscomax, Jean-Philippe Robitaille Photo : Radio-Canada Questionné sur les déclarations de la CSN-Construction, M. Robitaille a expliqué qu'il a un devoir de réserve sur les déclarations qu'il peut faire en raison des enquêtes qui sont en cours. Entre-temps, l'entreprise a mis sur pied une cellule de crise pour tous ses membres. Pour ce qui est du chantier, il a été placé sous le contrôle de la CNESST et de la police de Blainville jusqu'à nouvel ordre. Avec les informations d'Élisa Serret
Moi, j’ai vu des photos avant l’événement comme quoi le mur, il y avait du bois dans le bas qui commençait à casser et on voyait quand même une certaine forme se créer
, a déclaré M. Ferland à Radio-Canada. La direction du chantier aurait été prévenue
Ensuite, le maître d’œuvre, apparemment, aurait déplacé des travailleurs de 50 à 75 pieds. Il aurait quand même créé une zone de danger où personne ne peut circuler dans le coin du mur. Donc, il était conscient qu’il y avait quelque chose qui se passait
, a-t-il dit. 
Le code de sécurité avec lequel on travaille […] stipule que lorsque des événements environnementaux ont lieu, comme les pluies qualifiées d’abondantes ou de diluviennes de la fin de semaine de trois jours, il est supposé y avoir une inspection qui est faite. Une inspection par quelqu’un de qualifié
, fait-il remarquer. 
Dévastation chez Syscomax

On collabore étroitement avec la CNESST et avec la police de Blainville également pour établir les circonstances et la séquence des événements
, a-t-il assuré. Ce que je sais, c’est que l’enquête va permettre d’apporter des réponses à toutes ces questions.
On a des psychologues disponibles et des ressources pour faire face à l’épreuve. On les a mis également disponibles pour les proches et la famille du défunt
, a ajouté M. Robitaille.C’est un des nôtres, même si ce n’était pas dans notre entreprise directement qu’il est décédé
, précise-t-il.
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